Dans les premières pages de L’Espoir malgré tout (Émile Bravo), Spirou, iconique personnage belge, assiste à l’invasion de son pays par les troupes allemandes en mai 1940. Face à cette situation, que faire ? Attendre des jours meilleurs, résister, collaborer ? Se révolter contre le sort réservé aux Juifs ?
Spirou est plongé dans cette réalité historique brutale et croise la route de figures ayant réellement existé : Felix Nussbaum, peintre juif allemand réfugié en Belgique, et sa femme Felka Platek, elle aussi artiste.
Mais Spirou, ce n’est pas seulement un personnage de bande dessinée : c’est aussi un hebdomadaire créé en 1938. Son rédacteur en chef, Jean-Georges Evrard, dit Jean Doisy (1900-1955), s’engage dès le début des années 1930 dans diverses structures antifascistes. Dès 1940, il rejoint le Front de l’Indépendance, utilisant le journal – ainsi que le théâtre de marionnettes du Farfadet (qui inspirera Émile Bravo) – comme couverture pour ses actions de résistance et de sauvetage de Juifs. Certains lecteurs, influencés par ses prises de position, rejoindront à leur tour la Résistance.
Avec ce grand récit initiatique, Spirou. L’Espoir malgré tout, Émile Bravo interroge en profondeur les notions d’héroïsme, d’engagement et d’humanité.